Histoire du massage thaï : origines, traditions et transmission d’un art ancestral

L'auteur a étudié le massage thaï traditionnel à l'école de Wat Pho au début des années 2000.

Les origines du massage thaï

Les origines du massage thaï sont intimement liées à l’histoire du peuple thaïlandais ainsi qu’au développement de sa culture, de ses traditions et de ses valeurs spirituelles.

Les preuves historiques sous la forme d’archives royales et de documents officiels datant de la période d’Ayutthaya attestent de l’existence du massage thaï au sein du Palais Royal durant cette dynastie. Toutefois, selon la tradition, les origines du massage thaï sont bien plus anciennes et remontent à l’influence de la médecine indienne et de la tradition bouddhiste.

Le massage thaï, appelé Nuad Thai en langue thaïlandaise, est le résultat d’un long processus de transmission culturelle mêlant les connaissances médicales de l’Inde ancienne, les pratiques des moines bouddhistes et les traditions de guérison développées au royaume de Siam.

Jivaka Kumar Bhaccha, le père traditionnel de la médecine thaïlandaise

Selon la tradition, le fondateur spirituel du massage thaï est Jivaka Kumar Bhaccha (également connu sous le nom de Shivago Komarpaj), un médecin originaire du nord de l’Inde, contemporain de Bouddha et médecin de la communauté des moines bouddhistes il y a plus de 2 500 ans.

Les récits traditionnels lui attribuent la création d’une méthode thérapeutique inspirée notamment du yoga et destinée à préserver la santé des moines. Grâce à la diffusion du bouddhisme, ces pratiques auraient ensuite voyagé vers l’Asie du Sud-Est et influencé le développement de la médecine traditionnelle thaïlandaise.

En Thaïlande, Jivaka Kumar Bhaccha est encore aujourd’hui considéré par beaucoup comme le « Père de la Médecine » et il est profondément vénéré.

Son importance spirituelle demeure très présente dans l’enseignement du massage thaï. Chaque matin, les étudiants de l’école de massage de Wat Pho récitent traditionnellement une prière en langue pali en son honneur avant de commencer leur journée de formation, en chantant à l’unisson.

Dr Jivaka Kumar

La prière traditionnelle à Jivaka Kumar Bhaccha

Cette prière, connue sous le nom de Wai Khru, est une invocation traditionnelle exprimant le respect envers les maîtres et les enseignants qui ont transmis l’art de la guérison.

Une traduction française de cette prière est la suivante :

« Nous invitons l’esprit de notre Fondateur, le Père Docteur Shivago, qui vient à nous à travers sa vie sainte. Veuillez nous transmettre la connaissance de toute la nature afin que cette prière nous révèle la véritable médecine de l’univers.

Au nom de ce mantra, nous respectons votre aide et prions pour qu’à travers nos corps vous apportiez l’harmonie et la santé au corps de notre patient.

La déesse de la guérison demeure dans les cieux, tandis que l’humanité demeure dans le monde terrestre. Au nom du Fondateur, puisse le ciel se refléter sur la terre afin que cette médecine guérisse le monde entier.

Nous prions pour celui que nous touchons, afin qu’il soit heureux et que toute maladie soit libérée de son corps. »

La prière possède une dimension profondément poétique. Dans sa langue originale en pali, elle présente une musicalité particulière liée aux sonorités et aux rythmes de la récitation.

Les premières preuves historiques du massage thaï

En ce qui concerne les preuves historiques concrètes et documentées, il est important de préciser qu’il n’existe pas de preuve matérielle permettant d’identifier le massage thaï sous sa forme actuelle avant la période d’Ayutthaya.

Les premières traces historiques reconnues apparaissent dans le royaume de Siam durant la période d’Ayutthaya, notamment à travers un décret royal datant de 1455.

Les chroniques du règne du roi Boromatrailokkanat (1448-1488) mentionnent l’existence de deux départements de massage au sein du Palais Royal. Des documents indiquent également la nomination de responsables chargés de ces services.

Ces archives montrent que le massage occupait déjà une place importante dans l’organisation médicale de la cour royale au XVe siècle.

(Référence : Tantipidok Yanyong, Traité de massage thaï, Volume I, 2e édition, Bangkok, 2005, p. 3-5.)

Le témoignage de Simon de La Loubère sur le massage au Siam

Un autre témoignage historique important provient de Simon de La Loubère, ambassadeur français envoyé auprès du roi Narai du Siam entre 1687 et 1688.

Dans son ouvrage consacré au royaume de Siam, il décrit une pratique corporelle utilisée dans un contexte thérapeutique :

« Au Siam, lorsque quelqu’un est malade, il commence par faire travailler tout son corps par une personne entraînée à cet effet. Celle-ci s’active sur le corps du patient et le piétine. »

Ce témoignage constitue l’une des premières descriptions occidentales connues d’une pratique proche du massage thaï traditionnel.

(Référence : Simon de La Loubère, cité dans Harald Brust, L’Art du massage thaï traditionnel, p. 3.)

Simon de la Loubère

La renaissance du massage thaï sous la dynastie Chakri

Les preuves historiques les plus importantes concernant le développement du massage thaï proviennent de la période de Rattanakosin, également appelée période de Bangkok, qui débute avec la fondation de la dynastie Chakri en 1782.

Après les destructions provoquées par la guerre entre la Birmanie et le Siam (1765-1767), de nombreuses connaissances traditionnelles furent perdues ou dispersées. Le roi Rama Ier (1736-1809), fondateur de la dynastie Chakri, entreprit alors de restaurer les savoirs médicaux traditionnels du royaume.

Il fit rénover l’un des plus anciens temples de Bangkok, Wat Pho, et en fit progressivement un lieu consacré à la conservation et à la transmission des connaissances médicales traditionnelles, notamment du massage.

Les souverains qui lui succédèrent poursuivirent cette démarche et consolidèrent peu à peu l’enseignement du massage thaï. Wat Pho devint ainsi un centre majeur de préservation de la médecine traditionnelle thaïlandaise, rôle qu’il conserve encore aujourd’hui.

King Rama I

Rama III et la création du premier centre public d’enseignement médical traditionnel

Le roi Rama III (1824-1851) joua un rôle particulièrement important dans la sauvegarde des connaissances médicales du Siam.

Entre 1832 et 1848, il entreprit une vaste restauration de Wat Pho qui dura seize années. Son objectif était de faire du temple un véritable lieu d’apprentissage ouvert au peuple, où les connaissances essentielles dans différents domaines pourraient être conservées et transmises aux générations futures.

Afin de préserver ces savoirs, il ordonna que de nombreux textes médicaux, astrologiques, littéraires et philosophiques soient gravés sur des stèles de pierre. Ces inscriptions furent ensuite installées dans les galeries entourant le grand chédi du temple.

Ces gravures constituent aujourd’hui une source exceptionnelle d’informations sur la médecine traditionnelle thaïlandaise, notamment sur le massage et les principes énergétiques du corps.

Wat Pho est ainsi considéré comme le premier grand centre public d’enseignement des connaissances traditionnelles de Thaïlande, parfois décrit comme la première université publique du pays dans la tradition thaïlandaise.

KIng Rama III

Les représentations du yoga et des exercices thérapeutiques à Wat Pho

Parmi les éléments les plus remarquables de Wat Pho figurent les statues représentant des postures d’étirement inspirées du yoga.

À l’origine, quatre-vingts statues illustraient différentes positions corporelles, montrant comment réaliser des exercices destinés à améliorer la santé et à soulager certains troubles.

Ces représentations témoignent du lien historique entre le massage thaï, les pratiques corporelles indiennes et les exercices thérapeutiques traditionnels.

Au fil du temps, beaucoup de ces statues ont disparu, certaines ayant été endommagées ou volées. Aujourd’hui, seules vingt-quatre statues subsistent encore.

Wat Pho, gardien des lignes Sen et de la médecine énergétique thaïlandaise

L’un des héritages les plus célèbres de Wat Pho réside dans ses plaques de marbre représentant les lignes Sen, éléments fondamentaux de la théorie traditionnelle du massage thaï.

Ces lignes représentent des trajets énergétiques parcourant le corps humain. Selon la tradition médicale thaïlandaise, elles constituent des voies par lesquelles circule la force vitale.

Les plaques montrent des silhouettes humaines sur lesquelles apparaissent des éléments anatomiques comme la colonne vertébrale ou la cage thoracique. Un réseau de lignes fines relie différents points d’acupression, chacun accompagné d’indications concernant les troubles auxquels il est associé.

Les lignes de Sen Sib au temple de Wat Pho

Dans la conception traditionnelle du Nuad Thai, le corps humain est constitué de quatre éléments fondamentaux :

  • la terre ;

  • l’eau ;

  • le vent ;

  • le feu.

La santé dépend de l’équilibre entre ces éléments. Le praticien cherche à rétablir cet équilibre en travaillant sur certains points d’acupression afin de libérer les blocages énergétiques présents sur les lignes Sen.

L’évolution moderne de Wat Pho et la création de l’école de massage

Au milieu du XIXe siècle, avant l’introduction généralisée de la médecine occidentale en Thaïlande, Wat Pho servait déjà de centre d’enseignement médical où le massage traditionnel faisait partie des pratiques enseignées.

Une école de médecine traditionnelle plus structurée fut créée dans l’enceinte du temple en 1955.

Cette école devint ensuite officiellement reconnue par le ministère thaïlandais de l’Éducation. Elle enseignait plusieurs disciplines de la médecine traditionnelle thaïlandaise, notamment :

  • la médecine traditionnelle ;

  • la pharmacopée ;

  • la pharmacie traditionnelle ;

  • les pratiques liées à la naissance ;

  • le massage traditionnel thaï.

En 1961, lors d’une visite à l’école, le roi Bhumibol Adulyadej (Rama IX) suggéra que le massage thaï devienne une discipline indépendante au sein du programme d’enseignement. Cette proposition fut mise en œuvre en 1962, permettant au Nuad Thai de bénéficier d’un enseignement plus structuré.

Depuis cette époque, Wat Pho est devenu l’une des écoles de massage thaï les plus reconnues au monde, accueillant des étudiants venus de nombreux pays pour apprendre cet art traditionnel.

Bhumibol Adulyadej (Rama IX)

Le règne de Rama V : entre tradition et modernité

Le roi Rama V (Chulalongkorn) (1868-1910) joua un rôle essentiel dans la transformation du Siam en un État moderne.

Sous son règne, la médecine occidentale exerça une influence croissante sur la société thaïlandaise. Le roi autorisa notamment les médecins occidentaux à exercer dans le royaume et entreprit la modernisation du système de santé public.

Cependant, cette évolution ne signifia pas la disparition des pratiques médicales traditionnelles. Au contraire, Rama V demeura profondément attaché aux traditions médicales de son pays.

Le roi était lui-même un grand amateur de massage. Lors de ses déplacements, il se faisait accompagner par des pages et des suivantes spécialement chargés de lui prodiguer des massages. Les archives de cette époque indiquent également que le massage thaï continuait à être pratiqué et encadré au sein du Palais Royal.

Le règne de Rama V représenta ainsi un véritable pont entre tradition et modernité : la médecine occidentale fut introduite au Siam, mais les connaissances ancestrales, dont faisait partie le massage traditionnel, continuèrent à être reconnues et préservées.

King Rama V

Les bouleversements sociaux du début du XXe siècle

À cette époque, deux événements majeurs modifièrent profondément l’organisation de la médecine traditionnelle thaïlandaise, et plus particulièrement celle du massage.

Le premier fut l’influence grandissante de la médecine occidentale, qui occupait progressivement une place centrale dans le système de santé du pays.

Le second fut l’abolition de l’esclavage en 1905 par le roi Rama V.

Avant cette réforme, de nombreux praticiens de médecine traditionnelle étaient attachés au service de la cour royale ou des grandes familles. La fin de ce système entraîna d’importants changements dans l’organisation sociale et dans les modes de transmission de ces connaissances.

La médecine traditionnelle dut progressivement trouver de nouvelles formes d’enseignement et de pratique en dehors du cadre aristocratique dans lequel elle avait longtemps évolué.

Le déclin du soutien royal au massage traditionnel

À la fin du règne du roi Rama VI (1910-1925), la crise économique mondiale toucha également la Thaïlande.

Confrontée à des difficultés financières, la Couronne fut contrainte de réduire ses dépenses. Cette situation entraîna notamment la dissolution du Département royal des médecins, institution qui jouait un rôle important dans la préservation et l’organisation de la médecine traditionnelle.

Cette décision marqua une période de recul pour les pratiques médicales traditionnelles, dont le massage faisait partie.

Sous les règnes successifs de Rama VI, Rama VII (1925-1935) et Rama VIII (1935-1946), le massage fut progressivement relégué au rang des thérapies secondaires face au développement de la médecine moderne.

Parallèlement, les autorités mirent en place une réglementation destinée à encadrer la pratique médicale. Cette évolution permit d’améliorer la sécurité et la qualité des soins, mais elle eut également pour conséquence de fragiliser certains aspects populaires et familiaux de la transmission du massage traditionnel.

La transmission du massage thaï malgré les difficultés

Malgré ces transformations, l’enseignement du massage thaï ne disparut jamais complètement.

Quelques établissements continuèrent à préserver et transmettre cet art, en maintenant un enseignement rigoureux ainsi qu’une pratique fidèle aux principes traditionnels.

Parmi ces institutions, Wat Pho occupa une place essentielle.

L’école de médecine traditionnelle de Wat Pho fut officiellement fondée en 1955 par Than Chaokhun Phra Tham Warodom.

Elle devint la première école de médecine traditionnelle thaïlandaise dont le programme fut officiellement reconnu et agréé par le ministère thaïlandais de l’Éducation.

Son enseignement reposait sur plusieurs grands domaines de la médecine traditionnelle :

  • Wetthakam (เวชกรรม) : la médecine traditionnelle ;

  • Phesatchakam (เภสัชกรรม) : la pharmacie et la pharmacopée traditionnelles ;

  • les connaissances liées aux sages-femmes traditionnelles.

Le massage thaï y occupa progressivement une place centrale, contribuant à sa renaissance et à sa diffusion internationale.

Wat Pho école de massage

Le renouveau international du massage thaï

À partir de la seconde moitié du XXe siècle, le massage thaï connut un nouvel essor.

Grâce notamment à Wat Pho, mais aussi à d’autres écoles et maîtres traditionnels, le Nuad Thai commença à dépasser les frontières de la Thaïlande.

Des étudiants venus du monde entier commencèrent à se former auprès des enseignants thaïlandais, permettant à cette pratique ancestrale de se diffuser largement en Europe, en Amérique et dans de nombreux autres pays.

Cette ouverture internationale contribua à préserver le massage thaï tout en permettant son adaptation aux besoins contemporains du bien-être.

Le massage thaï inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO

En 2019, le Nuad Thai, ou massage traditionnel thaïlandais, a été inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Cette reconnaissance internationale souligne l’importance culturelle et historique de cette pratique ancestrale, transmise depuis des générations au sein de la société thaïlandaise.

Le Nuad Thai n’est pas uniquement une technique de relaxation corporelle. Il représente un ensemble de connaissances traditionnelles associant la médecine populaire, les pratiques bouddhistes, les principes énergétiques du corps et une relation particulière entre le praticien et la personne massée.

Traditionnellement pratiqué par des moines bouddhistes et transmis dans les temples, le massage thaï combine des pressions, des mobilisations articulaires, des étirements inspirés du yoga et un travail sur les points énergétiques du corps.

Contrairement à de nombreuses formes de massage occidental, le receveur reste généralement habillé pendant la séance. Le praticien utilise ses mains, ses pouces, ses coudes, ses genoux ou ses pieds afin d’accompagner les mouvements du corps, d’améliorer la mobilité et de favoriser un état de profonde détente.

L’importance culturelle de Wat Pho dans le massage thaï

Wat Pho demeure aujourd’hui l’un des symboles les plus importants du massage thaï traditionnel.

Les célèbres plaques de marbre du temple, représentant les lignes Sen et les points d’acupression, constituent un témoignage exceptionnel de la volonté des anciens souverains thaïlandais de préserver les connaissances médicales de leur peuple.

Ces représentations montrent que le corps humain est parcouru de lignes énergétiques sur lesquelles le praticien agit afin de rétablir l’équilibre naturel du corps.

Selon la médecine traditionnelle thaïlandaise, la santé dépend de l’harmonie entre les différents éléments constitutifs du corps :

Le massage thaïndais

  • la terre ;

  • l’eau ;

  • le vent ;

  • le feu.

Les déséquilibres peuvent entraîner des troubles physiques ou énergétiques. Le massage agit alors sur les lignes Sen et certains points spécifiques afin de favoriser la circulation de l’énergie vitale et de restaurer l’équilibre.

Le Nuad Thai aujourd’hui : entre tradition et modernité

Au cours des dernières décennies, le massage thaï a connu une expansion considérable à travers le monde.

De nombreuses écoles internationales proposent aujourd’hui des formations inspirées de l’enseignement traditionnel thaïlandais. Des praticiens venus de nombreux pays se rendent encore en Thaïlande pour approfondir leurs connaissances, notamment auprès d’écoles reconnues comme Wat Pho.

Cette diffusion internationale a permis au Nuad Thai de devenir une pratique de bien-être reconnue mondialement, tout en conservant son héritage culturel et philosophique.

Le massage thaï continue également d’évoluer. De nouvelles formations apparaissent, certaines écoles développent des approches complémentaires et de nombreux praticiens adaptent cet art ancestral aux attentes actuelles du public.

Le massage thaï : un héritage vivant

Plus de 2 500 ans après les origines spirituelles attribuées à Jivaka Kumar Bhaccha, le massage thaï demeure un art vivant.

Son histoire témoigne d’une remarquable capacité d’adaptation : né dans la tradition bouddhiste indienne, développé au sein des cours royales du Siam, préservé par les temples et reconnu aujourd’hui par l’UNESCO, le Nuad Thai continue de transmettre une vision globale du corps et du bien-être.

Aujourd’hui encore, il représente un lien entre passé et présent, entre tradition et modernité, et continue d’inspirer des praticiens et des élèves dans le monde entier.

Références historiques

  • UNESCO — Nuad Thai, traditional Thai massage (inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, 2019).

  • Simon de La Loubère — Du Royaume de Siam (1691).

  • Tantipidok Yanyong — Traité de massage thaï, Volume I, Bangkok, 2005.

  • Harald Brust — L’Art du massage thaï traditionnel.

  • Wat Pho Traditional Medical School, Bangkok.

  • Thai Massage Thaï Thaï Way, healing body and Mind - Thaï Massage book press, 2007

  • Le Massage Thaï traditionnel pour les thaïlandaises et les touristes occidentaux - Kanjanaporn PIYATHUM, 2010

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